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La vie, la vraie

Dilemme Niépcien

Dilemme Niépcien que de prendre des photographies pour se souvenir et finalement de ne se souvenir que de ce qui a été pris en photographie.

Un événement, un week-end tant attendu, un concert, un voyage aux paysages spectaculaires et voilà l’appareil photo qui s’invite pour immortaliser la scène.

Ne rien manquer, cette volonté de tout sauvegarder de tout ancrer dans l’éternité.

Comme un besoin de prouver le passage de notre être dans ce monde à ce moment précis. Laisser notre empreinte numérique, même si elle ne reste qu’au fond d’un disque dur, elle est là, telle une preuve irréfutable de notre existence. Et avec le temps, cet événement, ce week-end, ce concert ou même ce voyage s’estompent des mémoires. Une semaine après ou des années plus tard, que restent-ils comme souvenirs ? Les photos en objet concret, certes ! Mais dans les souvenirs, les images numériques s’imposent en priorité dans notre visualisation du passé.

Ce phénomène se produit si un grand nombre de photographies sont prises. Et voici alors le dilemme Niépcien qui s’installe : ne pas prendre de photos pour profiter au maximum de ces baleines qui se donnent en spectacle et ne pas en garder de trace, de souvenir tactile, ou, être tellement focalisé sur la bonne photographie à prendre que la sensation de ne pas profiter pleinement de l’événement vous gâche votre plaisir.

Et quand ce dilemme Niépcien atteint son paroxysme, alors la sensation de ne pas apprécier le spectacle à sa juste valeur devient insupportable. L’œil rivé à l’objectif, focalisé sur la photographie à prendre, monopolise votre attention et vous empêche de savourer pleinement l’instant, goulu que vous êtes d’émotions fortes, de nouvelles sensations et de moments magiques. Et pourtant vous voilà incapable de résister à l’envie de fixer l’instant. L’impression de passer à côté d’un grand moment dont il faudra se souvenir, ce besoin de créer, de raconter et d’imprimer au fond du boîtier noir pour pouvoir partager et faire découvrir cette vision à d’autre, est un sentiment plus fort qui vous tenaille. Le dilemme vous possède…

Est-ce grave, docteur Nicéphore ?

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Discussion

2 réflexions sur “Dilemme Niépcien

  1. Ça m’est arrivé une fois. Je prenais tellement de photos que je ne profitais pas vraiment du moment et à la fin j’étais frustrée de ne pas avoir su en profiter…la prochaine fois, je laisserai mon appareil photo à la maison et je ferai confiance à ma mémoire pour me souvenir

    Publié par Angie B | 16 juin 2015, 18:49
    • Difficile pour moi de le laisser en paix, l’appareil. J’ai toujours l’impression de louper quelque chose. Mais au final, je suis contente quand même de profiter pleinement et si quelqu’un d’autre fait des photos alors là, c’est parfait, je n’aurai plus qu’à les récupérer. Enfin, parfait…

      Publié par lesfaitspapillons | 17 juin 2015, 09:13

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