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La vie, la vraie

Permission d’aider : Refusée

Fini le temps où échanger quelques travaux manuels contre le gîte et le couvert n’offusquaient pas.

Désormais, en cas de volonté d’accorder son temps à une cause, c’est à vos frais que vous devrez vous loger et vous nourrir.

Dans une époque où les jeunes ne sont pas reconnus pour leur capacité, que leur reste-t-il ? Le bénévolat (pas loin de ressembler au système qu’ils connaissent déjà fort bien appelé couramment : stage), l’humanitaire, pourquoi pas ?

Ambition louable que de vouloir accorder son temps gratuitement pour aider, lutter pour une cause qui tient à cœur. Quelques associations proposent même des missions de bénévolat dès 14 ans. La générosité n’a pas d’âge. Mais par contre, elle a un prix !

Prêts pour la désillusion?

Loin des naïves ambitions généreuses nourries à renfort de héros parcourant le monde pour aider son prochain, désormais, il faut être diplômé ET avoir l’expérience ET  l’argent pour envisager de partir en mission humanitaire. Impossible à dire le nombre d’association, de structure, d’ONG contactées afin d’offrir les services gratuits de deux mains agiles et d’un cœur débordant de bonne volonté. Et ce, depuis des années (oui, une quinzaine environ, donc le phénomène n’est pas nouveau). C’est avec grand plaisir qu’ils vous accueillent, si…

– Vous achetez le billet d’avion pour aller en mission : à la rigueur, c’est vous qui choisissez d’aller là-bas donc passe encore de payer le déplacement.

– Vous payez votre logement et votre nourriture : que ce soit dans la structure accueillante ou pas, il faudra payer. Non, mais ce n’est pas l’hôtel ici ! Ah non, c’est pire. Car les locaux sont souvent vétustes, délabrés et si vous avez la chance d’y trouver un coin repas présentable, estimez-vous heureux. En soi, rien d’insurmontable, mais quand il faut payer pour accéder à ce type d’hébergement, ça agace légèrement.

-Vous envoyez un chèque à l’association : Adhésion, frais de dossier, quelque soit l’appellation, vous devrez passer à la caisse.

Tout ça, non pas pour passer des vacances vertes, non bel et bien pour aller travailler gratuitement, offrir vos services, votre aide et toute votre bonne volonté pour une cause souvent d’utilité publique.

 

Payer pour travailler… Il y a de quoi trouver ça absurde !

D’autant que la journée de 8 heures dans ces cas là, vous pouvez souvent l’oublier. Et même si vous êtes prêt à faire tous les efforts du monde, là vous avez l’impression que c’est quand même insensé.

Et pourtant, c’est monnaie courante dans le milieu humanitaire. Très motivant pour toutes personnes intéressées.

Mais si vous souhaitez vraiment aider, l’argent ne devrait pas être un problème, n’est-ce pas ?

Cette question à double sens s’adresse autant aux désillusionnés du bénévolat qu’aux structures accueillantes.

Pourquoi devoir payer ?

Et les éternels râleurs qui pensent que si l’envie d’aider est vraiment là, payer pour y aller ne devrait pas être un problème, à ceux-là, une réponse gronde : il ne faut pas abuser de la gentillesse des bénévoles, ni de leur générosité ! Être volontaire pour aider, ne signifie pas être un pigeon. Et souvent , ces bénévoles n’ont même pas les moyens de pouvoir se payer le luxe de partir en mission humanitaire. Quelle phrase absurde, n’est-ce pas !

 

 

L’autre facette de ces structures recherchant des bénévoles  qui peut agacer reste leur sélectivité.

Tu veux aider, mais tu n’as pas le bon profil ! Ah ?

Oui, former des gens, c’est long et coûteux, mais il doit bien y avoir des structures qui acceptent des personnes qui n’ont pas fait d’études médicales ? Quand en plus la recherche d’une mission humanitaire intervient dans une période de vie professionnelle critique, d’une recherche d’un sens de vie, voir que ceux qui n’ont jamais eu à chercher de travail de leur vie sont acceptés à bras ouvert dans les ONG et que la porte vous être généreusement fermée au nez à plusieurs reprises, il y a de quoi trouver la vie mal faite !

« Bah quoi, fallait faire des études médicales, au lieu de râler ? » Il n’y a donc qu’eux qui puissent être utiles en mission humanitaire ? Il n’y a donc qu’eux qui puissent « s’intéresser au bien de l’humanité et chercher à améliorer la condition de l’homme ? » [définition Humanitaire, Larousse]

Roulement de tambour : NON ! (têtes surprises et bouches bées des dirigeants de mission humanitaire !)

L’exagération est légère, mais le fond est bien là.

 

Dans une société où la générosité est une vertu, l’exploiter pour la rendre lucratif au profit de certains, c’est dénaturée le principe même de la bonté. Tout régir par l’argent, même l’engagement dénué de volonté lucrative, démontre la maladie sournoise qui ronge l’humanité. La société actuelle est décrite comme individualiste, mais quoi d’étonnant quand les bonnes volontés sont brimées.

Il n’en reste pas moins que si vous n’êtes pas médecin, infirmier, logisticien, assainisseur d’eau ou chargé de mission votre choix sera plus restreint en terme d’association vous accueillant, et si en plus vous n’avez pas les moyens d’aller travailler gratuitement alors dans ce cas, mieux vaut rester chez vous. Et en regardant bien, il y a sûrement, pas si loin que ça, une bonne action à faire qui n’engagera que vous et votre bonne volonté.

 

 

Et ce sera déjà bien, mais il faut avouer que c’est quand même dommage tout ça…

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