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La vie, la vraie

Chacun sa route

Même chemin caillouteux qui piquait le dessous des pieds, mais permettait de rire ensemble. Chemin bordé de bancs sur lesquels des fesses se sont posées côte à côte. Les bancs de la scolarité, du primaire à l’université. C’est absurde, mais ça devait être différent, pour nous ça devait l’être. Un bout de chemin ensemble et presque une obligation de voir nos routes se séparer. Nous savions, vous saviez, qu’elles différeraient, certes, mais en étant parallèles, pas si éloignées.

Au final, ces voies paraissent à des années lumières les unes des autres.

 

Certains ont choisi l’option clé en main, carte toute prête, chemin tracé, fléché par les diktats de la société et c’est tout droit jusqu’à l’arrivée. Il y fait bon vivre. Il suffit de suivre le plan et de profiter du sable chaud.

D’autres ont fait quelques détours avant de trouver la route à emprunter. Ils n’arrivaient pas à lire la carte ou la barrière semblait infranchissable, mais ils sont désormais en route, à l’ombre des grands arbres sur un chemin tantôt boueux, tantôt aride. Les racines jouent aux croches pieds, cependant il y a toujours une branche pour s’accrocher.

Il y a ceux qui circulent, tentent et essayent tous ces chemins biscornus, ces ruelles dont la fin est un mystère, mais qui semblent si attirantes. Ces allées pavées atypiques qui intriguent. Le risque, la peur et les chevilles foulées les ralentissent, les propulsent, leur font vivre l’enfer pavé de ses bonnes intentions. Mais la curiosité de découvrir ce qui se cache au prochain virage les pousse à emprunter toujours plus de ruelles.

Aucune route n’empêche de trébucher, de rencontrer des brigands de grands ou petits chemins sur le trajet, de subir une tempête de sable ou des nids de poule. Les bandes d’arrêt d’urgences pour reprendre son souffle sont des chimères. Et ce ne sont pas les utilisateurs de piste goudronnée qui aideront à les trouver.

Eux qui, sur leur vélo, dominent les piétons qui avancent à leur rythme. Ils affirment avoir trouvé leur route et savent exactement où elle doit les mener. Du coup, ils veulent que les autres suivent cette voie, pas forcément dans la même direction, mais ils tentent, de force, de les embarquer sur leur porte-bagage. C’est vrai que leur chemin à l’air sympathique, du macadam tout lisse, ni montée sévère, ni descente abrupte. Une piste aux embranchements à pic qui n’étonne que les piétons. Ça semble vraiment agréable, et peut être que de temps en temps c’est tentant de se laisser glisser à toute allure. Mais les yeux dans le vent, abandonnant les autres derrières, qui sera là pour les aider lors d’une éventuelle crevaison ? Ceux montés de force sur le porte-bagage ? Peut-être, s’ils n’ont pas la nausée et mal au cœur d’avoir pris deplein fouet l’attitude des goudronnés.

 

Parfois sur les différents chemins de vie se longeant l’un l’autre, nous nous rendons visite.

Une fois sur la voie sableuse, l’habitué des pavés durs s’enfonce, mal à l’aise avec ces personnes à ses cotés dont il était si proche. Eux, habitués à le regarder de loin buter sur les pavés, l’observent s’enfoncer dans les sables mouvants. Maladroits et impuissants. La peur de s’enliser sur ce chemin est paralysante. Rester bloqué dans le sable, sur ce chemin tout droit ; inconcevable ! Le voilà rejoignant son chemin d’un bond salvateur.

Quand eux s’aventurent sur les pavés, ils glissent, mal à l’aise, comme affublés tout à coup de talons de dix centimètres sur des pavés verglacés. Ils tentent d’avancer, intrigués, ouvrent de grands yeux curieux, se heurtent et au premier bobo retournent au chaud sur le sable.

Le sable chaud, doux et enlisant ou les pavés froids, durs et pleins de rebondissements.

Des chemins bien différents qui peu à peu se perdent de vue.

 

Mais parfois, venue d’une route différente, une main se tend pour aider à dépasser certains obstacles. Les voies ne sont pas les mêmes, s’éloignent et se rapprochent, se perdent à jamais ou s’unissent à nouveau, mais quelque soit leur destination, elles peuvent à tout moment se croiser pour permettre aux voyageurs de s’entraider.

Là, le temps d’un instant vous voilà de nouveau assis sur le même banc, côte à côte. Ami.

 

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