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L'effet des faits

Le droit et les devoirs

Devoirs : Travail, exercice d’écolier qui se fait par écrit et en dehors des cours.

Le Larousse devrait revoir sa copie car les devoirs par écrits sont interdits. Oui, oui ! Interdit par la loi, des textes légaux et non par la volonté de fainéants qui n’aimaient pas travailler à l’école. Réellement interdit et ce depuis 1956. Seuls les leçons à apprendre et le travail oral sont tolérés et désormais contrôlés dans les cahiers de textes des écoliers par les inspecteurs. Pourtant des litres d’encres ont été vidés sur les TD de conjugaison à rendre le jeudi, les rédactions à rédiger pour le lundi et les mots à copier et recopier pour apprendre l’orthographe.

Alors faute de deviner les mots avec la technique de la reconnaissance visuel, il faudra maintenant aux élèves savoir les écrire sans les copier un bon nombre de fois. Cette loi visant à réduire les écarts sociaux, oui parce que si papa et maman n’aident pas, impossible pour un enfant de travailler apparemment, interdit les devoirs écrits mais pas les leçons par cœur. Pourtant en suivant la logique du « on ne peut leur demander que des révisions de ce qui a été vu en classe » pourquoi ne pas demander d’écrire ces fameux mots vus en classe. Alors diminuer les écarts oui, mais pourquoi un nivellement par le bas ?

Comment des arguments comme le fait que les parents ne puissent aider peuvent être mis en avant en demandant aux enfants d’apprendre par cœur donc de réciter et en même temps exclure les devoirs écrits qui peuvent eux, être réalisés seul ?

« Avoir une belle écriture, pour écrire des mots rebelles, à faire tomber tous les murs ! » chante Renaud en critiquant l’école mais pourtant cette fameuse belle écriture s’acquière bien avec de la pratique de… roulement de tambour, l’écrit ! Sans aller jusqu’à la «  s’maine de soixante heures » à cause des « d’voirs à la maison », copier quelques mots ne peut pas être fondamentalement mauvais et le triangle isocèle n’a jamais donné la varicelle.

Qui imaginerait apprendre la musique sans jamais avoir à répéter chez soi ? Alors pourquoi l’écrit doit-il subir ce sort ?

Quant aux risques de conflits familiaux ; les devoirs peuvent-ils avoir tant de pouvoir ? Si c’est le cas, les psychologues ont du travail sur le bureau.

Certains parents, bien au courant des lois, se plaignent de devoir jouer à la maîtresse (pardon professeur des écoles) quand ils assistent aux devoirs de leurs enfants. En face, d’autres parents qui ne comprennent pas pourquoi les devoirs sont interdits se sentent le devoir de se prendre pour le professeur en donnant des exercices à leurs enfants pour les faire progresser et s’entraîner (à l’écriture notamment). Doit-on dans ce cas croire Jacques Brel qui considère que la bêtise est de la paresse : une couche de gras autour du cerveau ?

Où est passé le loisir consacré à l’étude que signifie l’école ? Mais les professeurs ont « mieux à faire que de mettre du rouge sur des cahiers », corriger les devoirs n’est donc pas une option car ces derniers sont censés être interdit. Et lorsqu’ils sont suggérés, faute de pénalités s’ils ne sont pas exécutés, l’écart entre les niveaux se creusent. Le devoir étant « la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi ». Kant doit trouver cocasse les professeurs donnant des devoirs en étant hors la loi. De même qu’évoquer le surmenage des enfants paraît contradictoire quand d’autres arguments montrent que le fond du problème n’est pas le travail à la maison mais plutôt son contenu. Le rapport de l’Inspection générale sur « le travail des élèves en dehors de la classe » à l’école primaire y est favorable, concédant donc que le surmenage n’est pas le facteur empêchant les devoirs. Et en poussant la logique de l’absurde à son paroxysme, les vacances servent aux repos des enfants alors comment est-ce que les cahiers de vacances peuvent être légaux ? (Oui le bouchon, Maurice, mais c’est un paroxysme). Sûrement parce que le Ministère ne doit pas être totalement opposé aux devoirs sinon pourquoi publier un guide pratique pour les parents parlant de l’aide aux devoirs ?

S’il faut missionner Norman pour apprendre aux écoliers et aux jeunes la différence entre ça et sa, l’écart social se creusera davantage entre les familles équipées des nouvelles technologies et celles qui ne le sont pas. Alors tant qu’à faire autant qu’ils le retiennent dès leur plus jeune âge, soit en primaire.

C’est sur qu’en sortant de l’école, nous aurions tous préféré rencontrer un grand chemin de fer, mais personnellement, j’avais mes devoirs à faire…

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Discussion

2 réflexions sur “Le droit et les devoirs

  1. C’est surtout comme pour beaucoup de choses :

    on peut être né de parents non fumeurs, jamais un verre d’alcool, 100% sains de corps, dans un village au grand air, pas pollué… et être asthmatique. Et on peut être né en pleine ville, de parents fumeurs et alcoolo, et… ne pas être asthmatique.

    Les devoirs, c’est la même. Si la classe tient un bon rythme d’apprentissage -et ce n’est pas forcément que lié au « ah oui mais eux ils ont un bon professeur! », pas besoin de devoirs normalement. Mais tout le monde n’a pas le même rythme d’apprentissage : des gens mettront une après-midi pour pouvoir rouler à rollers et d’autres mettront six mois… de même pour les fractions.

    ça s’appelle l’inégalité innée… Ensuite, je comprends le point de vue pour les new tech… et c’est vrai dans une mesure… mais un bon élève ne sera jamais plombé dans son apprentissage parce qu’il n’a pas internet pour l’aider à faire un exposé. Oui, ce sera plus long à la bibliothèque… mais plus instructif.

    (étudiante sans ordi en histoire pdt des années !)

    Publié par sicaliennespenses | 10 septembre 2013, 19:54
    • Les inégalités innées mais également la motivation peuvent jouer. Tout ne repose pas sur l’entourage ou les conditions de travail même s’ils ont un rôle indéniable à jouer. Après la question est de savoir si le fait que certaines conditions ne peuvent être remplies faut-il dans ce cas tout arrêter? (Et j’ai également réalisé de nombreux exposés grâce aux encyclopédies familiales et à la bibliothèque du village)

      Publié par lesfaitspapillons | 11 septembre 2013, 09:20

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